Prix du Public

Joanna Wong installation Biennale de Gentilly

Joanna Wong étudie la littérature comparée (beaucoup de philo et du français) à Hong Kong.
Son école étant en partenariat avec Dauphine et Sciences Po, Joanna vient à Paris en 2008 pour le master. En cette période ses préoccupations tournent autour de l’étude de genre et du féminisme. Son master porte sur l’évolution des représentations des femmes idéales dans le monde asiatique, démontrant l’évolution vers la société patriarcale.
Elle commence à exposer, sa première pièce est un faux dîner en céramique, dont les récipients étaient remplis des moisissures et des plantes. Le but de cette oeuvre est avant tout thérapeutique, Joanna évoque ainsi sa mère bipolaire – noyée dans la surconsommation maladive, dans le trop plein qui pourrit.
Le fait d’exposer, incite alors Joanna à mieux cerner les techniques des arts plastiques, elle suit des cours et se perfectionne en peinture, photo et céramique. En parallèle elle s’inscrit à Paris 1 en arts plastiques, elle finit actuellement son doctorat.

Dans ses installations Joanna cherche un certain esthétisme, elle ne veux pas que ça fasse peur d’emblée, tout doit être plus subtil, le spectateur est attiré, rentre, regarde de près et … comprend …
À l’instar de Michel Blazy, Joanna Wong travaille avec de l’alimentaire, du végétal, qui subit les changements d’état, de forme, de couleur, qui sèche, moisit ou se décompose, et dont on voit au premier abord forme et couleur, la beauté du vivant en transformation. L’art est un processus infini, jamais un résultat.
Sa démarche n’est pas de monter un quelconque savoir, ni maitrise qui serait contemplé par le public. Au contraire, ce qui l’intéresse beaucoup, c’est de faire du participatif, comme par exemple cet aquarium où le spectateur est invité à écrire sur le légume (qui sera donné à manger aux escargots) des choses à effacer pour toujours … Un procédé relevant de la magie ? ou un art accessible à tous ?
Mais Joanna ne s’enferme pas forcement dans la démarche de l’art participatif à tout prix, tel n’est pas les cas de toutes les oeuvres. L’installation présentée à la Biennale a été faite in situ, avec l’aide des amis, mais elle était achevée pour le vernissage et n’a pas bougé. Elle est d’ailleurs restée sur place.
Il n’y a jamais rien à collectionner dans le travail de Joanna, rien à acheter, on ne part pas avec, car le principe, la première intention est l’expression de l’artiste.

Joanna travaille depuis deux ans à OpenBach, regroupant une trentaine de plasticiens, graphistes, designers, un lieu d’émulation, voyant naître mille projets à la seconde et dont beaucoup se réalisent grâce à l’enthousiasme des participants.  
Pour se faire connaitre, Joanna participe à des festivals, des expositions, répond aux appels à projet. Le prochain : LaBel Valette – Festival d’arts urbains. Composé d’un château, d’une chapelle et de deux bâtiments dortoirs de 3 étages, l’ensemble représente plus de 10 000 mètres carrés de murs à investir … 

Magda Moraczewska, mai 2017