Peintre, graveur, céramiste, auteur des livres d’artiste… joueur d’échecs.

Artiste multitechniques. Emmanuel Schamelhout a participé à la Biennale 2017. Il y a présenté des céramiques et des toiles. Artiste multitechniques, il se tournait vers différentes techniques par période assez longue. Ainsi il a commencé par la photo, s’est dirigé vers la peinture, a eu une époque collage, gravure, édition.

Ces derniers temps il se consacrait à l’édition des livres dont il concevait textes en typo ancienne et des images en gravure sur bois.

Son voyage au Japon au début des années 1990 a beaucoup influencé son travail aussi bien dans la thématique (introduction des monstres) que dans les techniques picturales, l’emploi d’encre ou de papier. Depuis nous voyons souvent des caractères japonais courir dans ses toiles, gravures ou dessins, car Emmanuel a appris le japonnais.

Sa rencontre avec la céramique vers 2002 l’a amené à travailler avec de différents artistes et artisans, autour des techniques diverses, y compris le four anagama. Sa première série de travaux furent alors les jeux échecs, de différentes tailles.

En effet Emmanuel jouait aux échecs et il était enseignant dans ce domaine, notamment à Fleury-Mérogis.

Il a commencé la gravure à la fin des années 1980, rapidement fasciné par toutes les possibilités graphiques offertes par ce média. Au départ il s’agissait de la taille douce. En 2013 Emmanuel rencontre Jean-Marc Beraud, et depuis participe à Xylofil, rencontres de gravure sur bois de fil, à La Mure-Argens. Les graveurs ont d’ailleurs rendu hommage à Emmanuel et édité un livre, lors de la nouvelle édition du festival, où il a avait prévu d’exposer.

« Outre l’aspect rencontres professionnelles et échanges entre artistes, le plus intéressant à Xylophil est que tout le monde vient graver, des gens de tout âge, des enfants, et lorsque l’on voit tous les
tirages suspendus, on est ébloui.
Finalement la gravure sur bois est une technique simple et quiconque obtient vite un résultat. C’est un moyen d’expression assez direct. » nous confie Emmanuel en 2018.

Ses écrits, illustrés de gravures nous font mieux connaitre le personnage. Ces histoires courtes ouvrent sur un monde plein d’humour souvent caustique, dénotent d’un caractère grivois, même cru, mais toujours au second degré. Emmanuel a également collaboré avec d’autres artistes, dans des réalisations communes.

En 1989, avec Pascale Serre et Michel Briat, Emmanuel créent la revue « La bande à picots », financée par des artistes danois qui avaient écrit des textes. Ce fut également le nom de leur groupe, qui s’est réuni pour la dernière fois trois mois avant son décès.

En peinture l’artiste travaillait à l’huile, à l’ancienne. Petites touches, mélanges savants, épaisseurs et croutes, parfois il repeignait sur des toiles anciennes, au grand désespoir de ses fans. Un parfum d’huile de lin régnait dans son atelier à Cachan. Ce lieu était partagé en plusieurs espaces, ouverts mais dédiés : tantôt à la peinture, à la céramique, avec le four, enfin à la gravure (même s’il travaillait aussi chez Balistic à Arcueil).

Emmanuel Schamelhout travaillait toujours par série, souvent sur une durée assez longue. Il ne s’agissait pas de répétition, mais bien d’exploitation d’une même thématique, jusqu’au bout. Le point de départ était souvent très concret. De son travail d’enseignement en prison sont issues des toiles où des murs aux fenêtres aveugles, donnent sur des espaces fermés, des perspectives closes et ciels chargés. La prison s’est démultipliée à travers une longue série des toiles (exposées au Room à Gentilly).

En peinture il nous a laissé également la série des lapins, en rapport avec l’année du lapin 2002, les oiseaux en cage ou non … (à l’Orangerie de Cachan) , les cyclistes, les lapins – cyclistes, les panneaux de signalisation (Anis Gras, 2014). Parfois la même thématique était déclinée en parallèle en céramique et en peinture.

L’œuvre d’Emmanuel Schamelhout est immense et surprenante. Situé à la lisière de l’art singulier ou pleinement dedans, son travail nous parle de la spontanéité brute et drôle de la rencontre entre simples humains, parfois paumés, de la tendresse d’un regard d’enfant éternel, des profondeurs troubles et poignantes.

Ami, depuis ma première année des beaux arts, il m’a initiée à la gravure …

Par sa présence, les questions qu’il vous posait et qui questionnaient réellement – il a beaucoup apporté à chaque personne qu’il aura croisée dans sa vie tellement trop courte.

Magda Moraczewska

Nous vous invitons à visiter ou contribuer à la page qui lui est dédiée ici … in memori

Son site est maintenant de nouveau en ligne, nous allons le compléter au plus vite avec des gravures, des éditions … En attendant, nous publions ici son dernier cv ainsi que quelques images, pour le moment quasi sans dates ni titre, nous en sommes désolés. D’autres viendront compléter l’article ainsi que les informations nécessaires. Voici également le lien vers une vidéo

                                                                 

formation

1976-78 École Nationale de Photographie Louis Lumière, Paris 1983-88
École Nationale Supérieure des Beaux-arts de Paris
Ateliers Hyankel, Pierre Alechinsky et Jan Voss, Wolfgang Gäfgen
Diplôme mention très bien, avec les félicitations du jury
1989-96 Bourse du Ministère de la Culture japonais
1993 Maîtrise d’Arts Plastiques, Université Nationale des Beaux-arts, Tokyo 1993-1995 Troisième cycle, Université Nationale des Beaux-arts, Tokyo
2016, 2018 Formations en héliogravure E.T.R Balistic Arcueil

expositions personnelles
1989 Centre Culturel A. Chanot, Clamart
1992 Galerie Kojima, Tokyo
1993 Institut Franco-Japonais, Tokyo, Fondation Za Mocca, Tokyo
1993 Foire Internationale d’Art Contemporain (NICAF), Galerie Kojima, Yokohama Espace Trans-culturel Ginza Shanghai, Tokyo
1995 Galerie Kojima, Tokyo
1996 Institut Franco-Japonais, Tokyo, Chinretsukan, Université Nationale des Beaux-Arts, Tokyo, Yokohama Galleria, Yokohama
2003 La notion de lapin , Galerie Mamia Brétéché, Paris
2007 Vues du Placard Room, Gentilly
2011 Artothèque La Plaine, Cachan
2012 Céramiques Room Gentilly Commissariat de Cachan
2013 Tableaux choisis Anis Gras Arcueil
2014 Hosoki et Schamelhout Orangerie Cachan
2015 Gravures d’Emmanuel Schamelhout, E.T.R Balistic, Arcueil
2016 Lapins, poules et lapins, les parasols, Rungis, Livres en fête Forcalquier
2018 Gravures et céramiques, Librairie-Galerie Caractères Paris 5

expositions de groupe
1985, 86 Salon des Réalités Nouvelles, Paris
1985,87, 88 Salon de Mai, Paris
1986 Leifsgade 22 , Copenhague1987 Hôtel de Chimay , Copenhague
1988 Atelier Alechinsky , Galerie de la Maison des Beaux-arts, Paris
1989 Galerie Vejle, Danemark
1994 Galerie JBC, Tokyo
1995 Galerie Inoue, Tokyo
1997 Salon de Montrouge, Salon de Vitry
1987 Hôtel de Chimay, Copenhague
1988 Atelier Alechinsky , Galerie de la Maison des Beaux-arts, Paris
1989 Galerie Vejle, Danemark
1994 Galerie JBC, Tokyo
1995 Galerie Inoue, Tokyo
1997 Salon de Montrouge, Salon de Vitry
1998 Espace d’Art Intermittent, Lycée Descartes, Antony
Les Déchaînés , exposition sur les droits de l’homme, Les Parasols, Rungis
1999 Animathèque de Sceaux
2000 Galerie C’est ça, Copenhague
2001 Rathaus Galerie, Berlin
2002 Rencontres 2002, Prix de peinture A. Marin, Galerie Julio Gonzalez, Arcueil
2005 Galerie Mamia Brétéché, Paris
2006 Atelier Pierre Alechinsky 1986, 20 ans après , Galerie π37, Athènes
Céramiques insolites, Saint-Galmier (Loire)
2007 Vers Paris, Musée de l’Université Nationale des Beaux-Arts de Tokyo, Musée d’Art Moderne de Niigata, Musée d’Art MOA, Japon
2008 Xe Festival International d’Art Singulier, Aubagne
2009 Biennale d’Antony, Maison des Arts, Antony, Céramiques insolites, Saint-Galmier (Loire)
2010 Biennale de Cachan
2011 Biennale Hors les normes, Lyon
2013 La collection Musée archéologique de Dijon avec Pascale Serre
2014 Journée de l’estampe Place Saint-Sulpice Paris
2016 Galerie Kojima Tokyo « esprits animaux »
2017 Biennale de Gentilly, Préfecture des Hauts-de-Seine : Les gardiens de l’art et de la paix
2018 La Cachotterie Cachan, Interstices E.T.R Balistic Arcueil

résidences d’artiste
2006 Construction et cuisson de fours anagama, Tuilerie de Pouligny, Chéniers (Creuse)
2007 Résidence chez le céramiste Akiyama Shôzan, Obie (Hyogo), Japon
2008 Réalisation in situ d’une sculpture en céramique, Tuilerie de Pouligny, Chéniers

collection publique
Université Nationale des Beaux-Arts de Tokyo

chez Balistic, à l’atelier de gravure
Emmanuel Schamelhout sur notre site

prix
2010 et 2016 Prix E.N.S. Cachan